Le Saint du matin
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Vitrail de Sainte Marguerite-Marie Alacoque

Épisode · 16 octobre

Sainte Marguerite-Marie Alacoque

« Elle a vu le cœur du Christ… et personne ne l'a crue. »

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Le récit

Ce matin, l'histoire d'une jeune religieuse que personne ne voulait croire… et dont le message a fait le tour du monde.

Nous sommes le 16 octobre, et aujourd'hui, on fête sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Son histoire commence en Bourgogne, dans le Charolais, au milieu des prés et des bœufs blancs. Marguerite naît en 1647 à Verosvres, un petit village, dans une famille aisée : son père est notaire. Mais il meurt quand elle a huit ans, et tout bascule. La maison passe sous la coupe de parents qui traitent la mère et la fille presque comme des servantes. À cela s'ajoute la maladie : pendant près de quatre ans, l'enfant reste clouée au lit, incapable de marcher. Elle promet alors à la Vierge de se consacrer à Dieu si elle guérit. Elle guérit.

Pourtant, il lui faudra des années pour tenir sa promesse. Sa mère rêve pour elle d'un beau mariage, et la jeune femme hésite, aime danser, aime les toilettes. Ce n'est qu'à vingt-quatre ans, en 1671, qu'elle entre au monastère de la Visitation de Paray-le-Monial.

Là, on la trouve un peu étrange. Maladroite, lente, distraite à la cuisine comme au jardin. Mais Marguerite-Marie raconte qu'elle vit autre chose. À partir de décembre 1673, et pendant environ dix-huit mois, elle dit recevoir des apparitions du Christ, qui lui montre son cœur, brûlant d'amour pour les hommes et blessé par leur indifférence. Une phrase est restée : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes. »

Le message est précis. Le Christ demande qu'on honore son cœur, qu'on communie le premier vendredi du mois, et qu'une fête lui soit consacrée.

Scène de la vie de Sainte Marguerite-Marie Alacoque, en vitrail

Vous imaginez l'accueil. Une jeune religieuse sans instruction qui annonce des révélations : ses sœurs doutent, sa supérieure la met à l'épreuve, des théologiens la jugent illusionnée. Son grand soutien viendra d'un jésuite arrivé à Paray en 1675, le père Claude La Colombière, qui devient son confesseur et la prend au sérieux. Lui aussi sera reconnu saint, bien plus tard.

Marguerite-Marie meurt le 17 octobre 1690, à quarante-trois ans, sans avoir vu grand-chose de ce qu'elle annonçait. Et pourtant, la suite est immense. En 1856, la fête du Sacré-Cœur est étendue à toute l'Église. À Paris, c'est à ce Cœur qu'on dédie la basilique de Montmartre. Et Paray-le-Monial, petite ville de Saône-et-Loire, devient l'un des grands lieux de pèlerinage de France. Marguerite-Marie est canonisée en 1920.

Ce qu'on peut retenir d'elle, croyant ou non, c'est peut-être ceci : une femme que personne n'écoutait, qui a tenu bon, et dont l'intuition a fini par traverser les siècles. Celle d'un Dieu qui n'est pas d'abord un juge, mais un cœur.

Le 16 octobre, on souhaite une bonne fête aux Marguerite-Marie, aux Edwige, et aux Gérard, puisqu'on fête aussi ce jour-là saint Gérard Majella.

Demain, saint Ignace d'Antioche : un évêque du premier siècle qui écrivait des lettres brûlantes sur la route qui le menait aux lions de Rome.

Sources

Les sources de cet épisode seront publiées avec sa fiche.

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